EAN13
9782911584435
Éditeur
Dolmazon
Date de publication
27 avril 2013
Série
Au fil d'une vie, la soie
Nombre de pages
192
Dimensions
24 x 16,5 x 1 cm
Poids
350 g
Langue
fre

Au Fil D'Une Vie, La Soie, 3, Du Fil À L'Aiguille

Hélène Meynadier-Morel

Dolmazon

Prix public : 22,30 €

Peu à peu, dans la grande maison d'Aubenas, chacun prit sa place dans sa nouvelle vie. Comme l'avait souligné Augustin, Antonella sut vite reconnaître les avantages attachés à son nouveau statut de femme de moulinier. <br> Giovanni ne tarda pas à se rendre à Lyon et Magdeleine fut invitée à rester à Aubenas tout le temps où il serait parti. Antonella en profita pour reprendre ses activités. Elle alla, en fait, rencontrer le contremaître qui déjà avait engagé une nouvelle gouvernante. Elle vérifia avec eux que les flottes avaient bien la qualité requise, fit la moue devant certaines qu'elle exigea que l'on déclassât car il y avait trop de raccords et demanda à la gouvernante de contrôler plus fermement le travail des nouvelles banquières. <br> Il y eut bien quelques ragots, quelques remous, dans la salle d'ouvraison, mais quelques mois plus tard tout était rentré dans l'ordre et Antonella s'était glissée dans le nom de Labalme comme dans un gant. Semaine après semaine elle apprenait avec passion son rôle de moulinière. Elle monta plusieurs fois à Lyon avec son mari. La demande ne cessait de croître, les bénéfices aussi. Ils rachetèrent l'usine du Pont-de-Bridou. Il fallait changer du matériel, Giovanni s'en char-geait. Il avait résisté à la tentation de suivre Toni dans sa lutte politique, mais une idée le tarau-dait depuis sa rencontre avec son ami de jeunesse. <br> Retourner au Piémont ! C'était une envie sournoise qui disparaissait pendant des jours pour reparaître sans crier gare et le laissait affolé comme un poisson jeté sur le rivage. Il se lançait à corps perdu dans ce travail au Pont-de-Bridou. Il aimait bien ce coin là-bas. La vallée de la Vo-lane s’y faisait sauvage, aiguë, les gens aussi étaient rudes. On s'approchait de la montagne et ça se sentait. Il montait tantôt avec Antonella, tantôt avec Anselme rarement avec Augustin. Dès le mois de mars celui-ci avait repris des crises de goutte et d'emphysème qui l'invalidaient et lui ôtaient tout esprit d'initiative. Fin mars ce fut Anselme qui accompagna Antonella à Lyon. Il avait engagé une infirmière pour s'occuper des deux malades en leur absence. Les parents de Ber-the prodigueraient l’affection nécessaire. <br> Antonella était toujours heureuse de ces escapades vers la ville. Anselme restait encore un peu crispé avec elle, mais il se détendit après un bon mâchon dans le quartier de la Croix Rousse et lui offrit spontanément son bras en sortant de l'estaminet.<br> Ils rencontrèrent Amédée Gérentet qui leur conseilla d’intensifier leurs livraisons d’organsin premier choix. Il avait de grandes commandes de ses donneurs d’ordre pour de l'or-gansin premier choix livrable fin juillet, début août. Les affaires marchaient bien, il avait l'air jo-vial ! Il travaillait aussi pour une boutique de confection de vêtements et faisait donc l'intermédiaire entre les canuts et les tailleurs.<br>
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