EAN13
9782493152077
Éditeur
REVELATOER
Date de publication
2 janvier 2024
Nombre de pages
160
Dimensions
27 x 22 cm
Poids
801 g
Langue
fre

Je Vous Regarde Disparaître

Castanier Yann

REVELATOER

Prix public : 40,00 €

Je vous regarde disparaître est le sujet documentaire « le plus important de ma vie » selon Yann Castanier. « J’ai passé 15 auprès de mes grands-parents à les photographier en train de disparaître : d’abord mon grand-père, atteint de la maladie d’Alzheimer, ensuite ma grand-mère, qui s’était occupée de lui, atteinte d’une démence fronto-temporale. » Cette histoire particulière a un écho en chacune de nos familles. Nous avons tous une personne touchée par une maladie neurodégénérative. Il ne s’agit plus de sensibiliser. Il s’agit de relater comment nous vivons ces moments de nos existences, comment nous réagissons à côté de la maladie et de la mort, ce qui se passe en nous et entre nous, ce qui nous permet de nous retrouver. Bien qu’une petite part de ce travail ait déjà été publiée dans Polka Magazine et Libération, les éditions Revelatœr sont persuadées que raconter l’intégralité de cette histoire apporte une valeur universelle. Cinq procédés photographiques, tous argentiques, se suivent pour rendre compte de l’évolution de leurs maladies. La matière se dégrade comme leurs cerveaux dysfonctionnent. Les images deviennent moins lisibles comme leurs perceptions de la réalité s’altèrent. L’émotion de leur disparition et le processus neurologique en cours sont transmis dans un même geste. En premier lieu, le grand-père de l’auteur est pris en photo dans un noir et blanc charbonneux. Il est en EHPAD et bloqué dans le passé. Sa grand-mère essaie de le retenir de la chute dans des abymes de noirs profonds. Dans le même temps, Yann Castanier photographie sa grand-mère chez elle, seule, et les traces de son grand-père dans leur maison avec des pellicules couleurs non-altérées. La colorimétrie est franche et fidèle. « Ma grand-mère est dans la réalité. » Son grand-père décède en 2010. Fin du noir et blanc. « Fin des photos de mamie chez elle. » Mais en 2015, sa grand-mère est diagnostiquée avec une démence fronto-temporale. Yann Castanier choisit d’utiliser des pellicules couleurs périmées comme troisième procédé. Il y a une continuité avec la couleur mais des nuances baveuses traduisent l’altération de sa perception de la réalité. Quelques années plus tard, elle subit un AVC. Les mots sont plus confus, souvent insensés. « Je provoque des entrées de lumière dans mon boîtier, je voile les pellicules. Dans un brouillard, elle devient de plus en plus inaccessible. » Puis, la maladie prend le dessus. Les neurones s’imposent. Le photographe jette des produits chimiques sur des tirages de ses photos. Sa représentation et son être sont absorbés par la matière neuronale.
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